Une prison privée d’humanité

a première maison d’arrêt entièrement gérée en partenariat public-privé a été inaugurée la semaine dernière, dans le Nord. Les associations dénoncent des méthodes inadaptées.

Les prisons, c’est un marché. Plutôt juteux : 15 millions d’euros de loyer annuel, pendant vingt-sept ans, payé par l’Etat à Bouygues, pour la prison d’Annœullin (Nord). C’est la petite dernière, 688 places, inaugurée par le ministre de la Justice, Michel Mercier, la semaine dernière. La première «Full PPP», explique ce dernier avec gourmandise, un partenariat public-privé total. Bouygues a construit le centre pénitentiaire sur ses deniers, 70 millions d’euros, et a chargé sa filiale, Themis FM, de son exploitation. Maintenance des bâtiments, restauration, blanchisserie, et même le transfert des détenus. L’Etat a gardé ses seules missions régaliennes, la surveillance et la réinsertion.