Au prétexte de la sécurité et de l’aménagement du territoire, de plus en plus d’axes régionaux jusque-là gratuits pourraient être mis en concession.
Est-ce la fin de la gratuité des routes nationales ? La décision de mise en concession de la RCEA (Route Centre-Europe- Atlantique), l’axe reliant la façade atlantique à Genève, excite les appétits.
Témoin, le lobbying discret exercé par certains acteurs économiques et élus locaux pressés de voir démarrer des travaux de mises à 2X2 voies de leurs axes majeurs, histoire de désenclaver ces territoires et d’améliorer la sécurité. Cette idée sulfureuse – la gratuité des routes est érigée en principe en France au nom de la liberté de circulation – fait son chemin aussi à la tête de l’État. Le 24 juin,Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre des Transports (mais aussi du Développement durable), a donné son feu vert pour que la RCEA soit concédée afin d’accélérer les derniers aménagements de mise à deux voies. Six barrières de péages sont prévues sur les portions concernées : de Montmarault à Paray-le-Monial, puis de Paray à Ciry-le-Noble pour la branche nord, et de Paray à Mâcon au sud.
