La commission qui veut Liquider Les fonctionnaires

 

Par Guillaume Dietsch – 

Nommé par Edouard Philippe, le Comité action publique 2022, un cénacle social-libéral, entend supprimer des milliers de postes dans la fonction publique. Le Premier ministre a mis son rapport en veille. Pour l’instant.

 

Réunissez une trentaine de personnes, dont une moitié d’énarques. Ajoutez des financiers, experts sociaux-libéraux et d’anciens conseillers de cabinet de droite. Demandez leur de plancher sur la réforme de l’Etat, avec pour objectif de réaliser 70 milliards d’euros d’économies. Qu’obtenez-vous ? « Un rapport antifonctionnaire, provocateur, assez caricatural », selon un membre même de cette commission ! Quelle surprise…
Ce cénacle, nommé Comité action publique 2022 (CAP 22), a été installé en octobre par Edouard Philippe. Le gouvernement lui a confié la mission de rendre l’administration plus efficace. Et de trouver, donc, les économies qu’il n’a pas osé décider lui-même. L’objectif est ambitieux : la compression budgétaire doit atteindre l’équivalent de 3 points de PIB d’ici à 2022, soit l’addition des crédits de l’Education nationale, de la police et de la justice ! Un chiffre destiné à marquer les esprits à Bruxelles, comme gage supplémentaire du réformisme en cours en France. Pour être sûr de faire du bruit, le Premier ministre a mis la pression sur le comité en lui réclamant des propositions « disruptives » ! Depuis le 25 avril, Emmanuel Macron et Edouard Philippe disposent de ce document qui devait, initialement, être rendu dès février. Mais sa publication continue d’être repoussée de semaine en semaine. Il faut dire que les quelques propositions qui ont déjà fuité ont déclenché des incendies. Arrêter le recrutement de fonctionnaires et embaucher des contractuels ? Le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a dû se précipiter dans les JT pour jurer que le gouvernement ne toucherait pas au statut. Réduire les aides sociales ? Avant même qu’on sache clairement lesquelles, pour qui et de combien, Bercy s’est emberlificoté les pinceaux dans un rétropédalage peu glorieux. La commission ne sait pas ce qu’il restera vraiment de ses œuvres « disruptives », elle attend la version définitive de Matignon. « On n’a pas de nouvelles, juste une invitation à boire un pot entre nous mi-juillet », confie un membre.

Des intentions claires

L’exécutif semble attendre que la grève à la SNCF s’épuise avant de dégainer son brûlot antidépenses. D’ici là, il a fait jurer aux participants de rester muets. « Je n’ai pas le droit de m’exprimer », « J’ai un engagement de confidentialité »…
Les coups de fil de Marianne ont souvent sonné dans le vide. […]

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